Remboursement du Mounjaro® : conditions, démarches et éligibilité
Mounjaro® remboursé depuis le 15 juin 2026 : critères d'éligibilité complets, démarches et réponses aux questions fréquentes.

Depuis le 15 juin 2026, le Mounjaro® (tirzépatide) est remboursé par l'Assurance maladie en France, en application de l'arrêté du 10 juin 2026 (publié au Journal Officiel du 12 juin, abrogeant et remplaçant un premier arrêté du 23 mai 2026). Ce remboursement reste soumis à des critères médicaux précis. Voici le détail complet des conditions, des démarches et des questions les plus fréquentes sur ce sujet.
Le Mounjaro® est-il remboursé en France ?
Oui, depuis le 15 juin 2026, pour l'indication obésité. Le Mounjaro® peut aussi être remboursé dans le diabète de type 2, mais uniquement dans certaines associations thérapeutiques définies par la HAS, un cadre distinct de celui de l'obésité. Ce sont deux parcours de remboursement séparés, avec des règles de prescription différentes.
Qui est éligible au remboursement dans l'obésité ?
Quelles sont les comorbidités reconnues ?
- diabète de type 2
- hypertension artérielle nécessitant un traitement médicamenteux
- hypertriglycéridémie > 5 g/L résistante au traitement habituel
- stéatohépatite non alcoolique (NASH) ou fibrose hépatique (la stéatose isolée n'est pas retenue)
- syndrome des ovaires polykystiques chez la femme en âge de procréer
- projet d'assistance médicale à la procréation (AMP) pour infertilité masculine ou féminine
- maladie rénale chronique jusqu'au stade 3B, ou sévère avec projet de transplantation
- cirrhose Child A, après accord avec un hépatologue
- syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) avec IAH ≥ 15/h
- asthme sévère en lien avec l'obésité, après avis spécialisé
- douleurs articulaires invalidantes documentées : lombalgies, coxarthrose ou gonarthrose
- incontinence urinaire invalidante résistant aux traitements habituels
- hernie pariétale ou éventration symptomatique nécessitant une perte de poids préalable
- hypertension intracrânienne idiopathique résistante
- handicap moteur avec ou sans paraplégie, après avis spécialisé
Quel est le taux de remboursement concret ?
Le taux est de 65 %. Une prise en charge à 100 % peut s'appliquer dans le cadre d'une affection de longue durée (ALD) exonérante, lorsque le traitement est en lien avec l'ALD et prescrit dans le périmètre remboursable ; l'ALD n'ouvre pas automatiquement droit à 100 % pour tout traitement, quelle que soit la situation. Le reste à charge, calculé sur le prix public réglementé, peut ensuite être couvert en tout ou partie par une mutuelle selon le contrat. Le détail chiffré par dosage est disponible dans notre article sur le prix du Mounjaro® en France.
Quelles démarches administratives sont nécessaires ?
Un formulaire d'accompagnement à la prescription doit être complété par le médecin prescripteur via le téléservice de l'Assurance maladie, et remis avec l'ordonnance pour que le remboursement s'applique. Sans ce document, la délivrance reste possible mais sans prise en charge.
Le remboursement continue-t-il dans le temps ?
Une fois la première prescription validée par un médecin en structure spécialisée, le renouvellement peut être assuré par tout autre médecin, y compris le médecin traitant. La HAS recommande d'évaluer l'efficacité et la tolérance du traitement au bout de 6 mois, et d'envisager un arrêt si la perte de poids reste inférieure à 5 %. Ce point, ainsi que la question de la téléconsultation, est détaillé dans notre article sur l'obtention du Mounjaro® en France.
Et pour le diabète de type 2 ?
Pour cette indication, tout médecin peut prescrire. Le remboursement est en revanche limité à des associations thérapeutiques précises définies par la HAS : bithérapie avec la metformine, trithérapie avec la metformine et un sulfamide hypoglycémiant, ou trithérapie avec la metformine et une insuline basale. Dans les autres situations couvertes par l'autorisation de mise sur le marché, l'avis est défavorable au remboursement. Pour cette indication, la HAS n'a pas retenu d'amélioration du service médical rendu par rapport au dulaglutide (ASMR V), une évaluation distincte de celle retenue pour l'obésité (ASMR IV).
À retenir
- Remboursement effectif depuis le 15 juin 2026 dans l'obésité, à hauteur de 65 % (jusqu'à 100 % si l'ALD s'applique au traitement)
- Réservé aux adultes en situation d'obésité sévère, selon des critères précis d'IMC et de comorbidités
- La première prescription doit venir d'une structure spécialisée (CSO, CHU, SMR)
- Un formulaire d'accompagnement à la prescription est indispensable pour activer le remboursement
- Pour le diabète de type 2, le remboursement est réservé à des associations thérapeutiques précises (avec metformine), avec une évaluation HAS distincte de celle de l'obésité
Questions fréquentes
Puis-je demander moi-même le remboursement à ma pharmacie ?
Non, le remboursement dépend des informations transmises par le médecin prescripteur (formulaire d'accompagnement), pas d'une démarche à faire en pharmacie.
Que se passe-t-il si mon IMC ne correspond pas aux critères ?
Le médicament reste accessible sur prescription au prix public, sans remboursement. Seul un médecin peut évaluer une alternative adaptée à votre situation.
Le remboursement diabète et le remboursement obésité sont-ils cumulables ?
Le remboursement s'applique selon l'indication pour laquelle le médicament est prescrit, avec les critères propres à chacune ; ce point mérite d'être clarifié directement avec le médecin prescripteur.
Sources
- HAS : avis sur Mounjaro, obésité
- HAS : avis sur Mounjaro, diabète de type 2
- Ameli : dispositif d'aide à la prescription des AGLP-1
- Ameli : affection de longue durée (ALD), fonctionnement
- Legifrance : arrêté du 10 juin 2026 (Mounjaro)
- Base de données publique des médicaments
Pour aller plus loin
- Mounjaro® en France : le guide complet
- Combien coûte le Mounjaro® en France ?
- Obtenir le Mounjaro® en France : qui peut prescrire ?
Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Les conditions de prescription, de remboursement et de sécurité peuvent évoluer ; la notice, le RCP, l'Assurance Maladie, l'ANSM et la HAS restent les références.
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