Santé

Indice HOMA-IR : à quoi sert-il et comment l’interpréter ?

L’indice HOMA-IR estime l’insulinorésistance à partir de la glycémie et de l’insuline à jeun. Calcul, valeurs, limites et interprétation.

Contenu validé par l’équipe médicale Annette
Ce contenu est proposé à titre informatif et ne constitue ni un avis médical, ni une incitation à l'utilisation d'un traitement. Annette est une plateforme d'accompagnement pour les personnes vivant avec l'obésité : Annette n'est pas médecin, ne réalise aucune prescription et ne commercialise aucun traitement. La prescription et la délivrance d'un traitement relèvent exclusivement d'un médecin indépendant, après évaluation individuelle.

À retenir

  • L'indice HOMA-IR est une estimation de la résistance à l'insuline calculée à partir de la glycémie et de l'insulinémie mesurées à jeun
  • Plus le HOMA-IR est élevé, plus l'insulinosensibilité est généralement faible, mais il n'existe pas de seuil universel permettant de définir à lui seul une insulinorésistance
  • Un HOMA-IR élevé ne signifie pas automatiquement diabète : le diagnostic du diabète repose sur des critères glycémiques spécifiques et non sur l'indice HOMA
  • Le résultat doit être interprété avec le contexte clinique et la méthode du laboratoire, car les dosages d'insuline et les seuils utilisés peuvent varier

Vous avez reçu un bilan biologique avec une ligne « HOMA », « HOMA-IR » ou « indice HOMA » et vous cherchez à comprendre ce chiffre ? Cet indice est principalement utilisé pour estimer la résistance à l'insuline à partir de la glycémie et de l'insulinémie mesurées à jeun. Il peut apporter une information utile dans certains contextes, mais il ne doit pas être interprété comme un diagnostic autonome.

Qu'est-ce que l'indice HOMA-IR ?

HOMA signifie Homeostasis Model Assessment. Le modèle a été décrit en 1985 par Matthews et ses collaborateurs pour estimer, à partir des concentrations de glucose et d'insuline à jeun, la résistance à l'insuline et le fonctionnement des cellules bêta du pancréas.

Dans le langage courant, lorsque l'on parle de « l'indice HOMA », il s'agit le plus souvent du HOMA-IR, c'est-à-dire de l'indice utilisé pour estimer la résistance à l'insuline. Il existe aussi des paramètres HOMA destinés à estimer la fonction des cellules bêta, mais ils ne répondent pas à la même question.

L'insulinorésistance correspond à une diminution de la réponse de certains tissus à l'insuline. Le pancréas peut alors produire davantage d'insuline pour maintenir la glycémie dans une plage normale, au moins pendant un certain temps. Une glycémie normale n'exclut donc pas nécessairement une diminution de la sensibilité à l'insuline.

Comment calcule-t-on le HOMA-IR ?

La formule historique, appelée aujourd'hui HOMA1-IR, utilise la glycémie et l'insulinémie à jeun :

HOMA1-IR = insulinémie à jeun (µU/mL) × glycémie à jeun (mmol/L) ÷ 22,5

Lorsque la glycémie est exprimée en mg/dL, la formule couramment utilisée devient :

HOMA1-IR = insulinémie à jeun (µU/mL) × glycémie à jeun (mg/dL) ÷ 405

Cette équation est la version historique et simplifiée du modèle. L'Université d'Oxford a ensuite développé HOMA2, un modèle informatique actualisé et non linéaire. Le HOMA2 n'est donc pas obtenu en appliquant simplement la formule ci-dessus.

Le calcul doit utiliser des valeurs obtenues à jeun dans des conditions adaptées au prélèvement. Il est préférable d'utiliser le résultat fourni par le laboratoire ou interprété par le professionnel de santé plutôt que de comparer soi-même des chiffres provenant de méthodes différentes.

Quelle est la valeur normale de l'indice HOMA ?

Il n'existe pas de valeur seuil universelle du HOMA-IR permettant de dire qu'en dessous d'un chiffre précis tout est normal et qu'au-dessus une insulinorésistance est certaine.

Les études ont proposé des seuils différents selon les populations étudiées, l'âge, le sexe, les caractéristiques métaboliques retenues et les méthodes de dosage. Une revue consacrée aux seuils du HOMA-IR souligne cette forte variabilité et conclut qu'il est difficile de définir une valeur optimale applicable à toutes les populations.

Une autre difficulté vient du dosage de l'insuline lui-même. Des travaux comparant plusieurs méthodes de laboratoire ont montré des différences importantes entre certains dosages d'insuline, ce qui peut modifier le HOMA-IR calculé à partir d'un même profil biologique.

C'est pourquoi un chiffre trouvé sur internet, ou un seuil utilisé dans une étude, ne doit pas être appliqué automatiquement à un résultat individuel. Si le laboratoire indique un intervalle de référence, celui-ci doit être interprété en tenant compte de la méthode utilisée et du contexte médical.

Que signifie un HOMA-IR élevé ?

Dans le modèle HOMA, une valeur plus élevée correspond généralement à une sensibilité à l'insuline plus faible. Cela peut être compatible avec une insulinorésistance, mais le résultat ne suffit pas à lui seul pour établir une maladie ou en déterminer la cause.

Le HOMA-IR dépend directement de deux mesures : l'insuline à jeun et la glycémie à jeun. Son interprétation dépend donc aussi de la fiabilité de ces dosages, du contexte clinique et des autres résultats biologiques disponibles.

Un médecin peut replacer le résultat dans un ensemble plus large comprenant notamment la glycémie, les antécédents personnels et familiaux, le poids, le tour de taille, certains traitements et d'autres facteurs de risque métabolique.

Un HOMA élevé signifie-t-il que l'on est diabétique ?

Non. Le HOMA-IR n'est pas le test diagnostique du diabète.

En France, le diagnostic du diabète de type 2 repose sur la mesure de la glycémie. L'Assurance Maladie indique qu'une glycémie veineuse à jeun égale ou supérieure à 1,26 g/L, soit 7 mmol/L, constatée à deux reprises, permet de poser le diagnostic dans le cadre d'un dépistage à jeun.

La Haute Autorité de Santé retient également la glycémie à jeun dans le cadre du dépistage du diabète de type 2. L'indice HOMA répond à une autre question : il cherche à estimer la résistance à l'insuline à partir de l'équilibre entre insuline et glucose au repos.

Il est donc possible d'avoir un HOMA-IR élevé sans avoir de diabète diagnostiqué. À l'inverse, l'interprétation d'un trouble de la glycémie ne doit pas reposer sur le HOMA seul.

Quel est le lien entre HOMA-IR, insulinorésistance et poids ?

L'insulinorésistance est fréquemment associée au surpoids et à l'obésité, en particulier lorsque la graisse abdominale et viscérale est importante. Une méta-analyse d'études observationnelles a retrouvé des associations entre le HOMA-IR et plusieurs indicateurs d'adiposité, notamment la graisse viscérale, la masse grasse totale, l'IMC et le tour de taille.

Cette association ne signifie toutefois pas qu'un HOMA élevé explique à lui seul une prise de poids, ni que toutes les personnes en situation d'obésité présentent la même insulinorésistance. Le poids et la santé métabolique résultent de mécanismes multiples. C'est aussi pourquoi l'obésité est considérée comme une maladie chronique et multifactorielle.

Le HOMA-IR est donc un marqueur parmi d'autres : il ne permet pas, à lui seul, d'expliquer pourquoi une personne prend du poids ou rencontre des difficultés à en perdre.

L'indice HOMA est-il utile en cas de SOPK ?

L'insulinorésistance est fréquente dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), mais le HOMA-IR ne fait pas partie des critères diagnostiques du SOPK.

Les recommandations internationales fondées sur les preuves publiées en 2023 vont même plus loin : elles précisent que, bien que l'insulinorésistance joue un rôle important dans le SOPK, les dosages d'insuline disponibles en pratique ont une pertinence clinique limitée et ne sont pas recommandés en routine pour évaluer l'insulinorésistance dans ce contexte.

Un HOMA-IR ne doit donc pas être utilisé seul pour confirmer ou exclure un SOPK. Pour comprendre le lien entre SOPK, insulinorésistance et prise de poids, il faut replacer ces mécanismes dans l'ensemble du bilan médical.

Peut-on faire baisser son HOMA-IR ?

Lorsque la sensibilité à l'insuline s'améliore, le HOMA-IR peut diminuer. Des essais cliniques regroupés dans une revue systématique ont montré que des interventions portant sur l'activité physique, l'alimentation ou les deux pouvaient améliorer en moyenne plusieurs marqueurs métaboliques, dont l'insulinémie à jeun et le HOMA-IR.

Cela ne signifie pas qu'il existe un « régime HOMA » ou une méthode unique permettant de faire baisser un chiffre. Les mesures adaptées dépendent du profil de la personne, de son état de santé et d'une éventuelle maladie associée.

Chez les personnes présentant un surpoids ou une obésité, l'activité physique régulière et une prise en charge du poids adaptée peuvent améliorer la sensibilité à l'insuline chez de nombreuses personnes. L'objectif reste toutefois de prendre en charge la santé métabolique dans son ensemble plutôt que de poursuivre un chiffre isolé.

Pourquoi deux laboratoires peuvent-ils donner des résultats différents ?

La glycémie est généralement bien standardisée, mais le dosage de l'insuline présente davantage de variations entre méthodes. Des travaux de standardisation de l'American Diabetes Association, puis une comparaison publiée en 2025 entre plusieurs immunodosages commerciaux, ont confirmé que des différences persistent entre les méthodes utilisées pour mesurer l'insuline.

Comme l'insulinémie intervient directement dans le calcul, ces différences peuvent modifier le HOMA-IR. Il est donc prudent d'éviter de comparer directement deux résultats provenant de laboratoires ou de méthodes différentes sans avis professionnel.

Quand faut-il parler de son résultat HOMA à un médecin ?

Un résultat de HOMA-IR ne doit pas être interprété isolément. Il est pertinent d'en discuter avec le professionnel qui a prescrit le bilan, notamment si le résultat est signalé comme anormal par le laboratoire, s'il existe également une anomalie de la glycémie ou si le bilan a été réalisé dans le cadre d'un risque métabolique particulier.

Le médecin pourra déterminer si d'autres examens sont utiles et surtout interpréter le résultat en fonction de l'ensemble de la situation. L'Université d'Oxford, qui développe le modèle HOMA2, précise elle-même que son calculateur est destiné aux professionnels de santé et ne remplace pas une évaluation médicale.

Comment Annette peut vous aider

Annette accompagne les personnes concernées par l'obésité, avec ou sans traitement, y compris lorsqu'un facteur métabolique comme une insulinorésistance a déjà été identifié dans le cadre d'un suivi médical.

Une diététicienne dédiée peut aider à adapter progressivement l'alimentation, à structurer les repas et à suivre les habitudes au quotidien grâce au journal alimentaire de l'application. L'objectif n'est pas de « traiter un chiffre HOMA », mais d'accompagner la prise en charge nutritionnelle et le parcours de gestion du poids dans son ensemble.

Annette ne diagnostique pas une insulinorésistance et n'interprète pas un bilan biologique à la place du médecin. Si une glycémie, une insulinémie ou un indice HOMA soulève une question médicale, son interprétation relève d'un professionnel de santé.

Selon la situation, les personnes qui ont besoin d'une évaluation médicale concernant leur obésité peuvent être orientées vers un médecin partenaire indépendant. Pour comprendre les différentes possibilités de suivi, consultez notre article Quel accompagnement choisir pour perdre du poids ?

L'application est disponible sur Google Play et sur l'App Store.

Questions fréquentes

Un HOMA-IR supérieur à 2 ou 2,5 signifie-t-il forcément une insulinorésistance ?
Non. Il n'existe pas de seuil universel valable pour toutes les personnes et toutes les méthodes de laboratoire. Les valeurs seuils publiées varient selon les populations et les méthodes utilisées. Un résultat doit être interprété avec les références du laboratoire et le contexte clinique.

Faut-il être à jeun pour calculer le HOMA-IR ?
Oui. Le modèle HOMA repose sur des concentrations basales de glucose et d'insuline mesurées à jeun. Il faut suivre les consignes de préparation données par le laboratoire ou le professionnel de santé.

Le HOMA-IR permet-il de diagnostiquer un diabète ?
Non. Le diagnostic du diabète repose sur des critères glycémiques. En France, une glycémie veineuse à jeun égale ou supérieure à 1,26 g/L, constatée à deux reprises dans le cadre du dépistage, est un critère diagnostique du diabète.

Peut-on avoir une glycémie normale et un HOMA-IR élevé ?
Oui. Au début d'une diminution de la sensibilité à l'insuline, le pancréas peut augmenter sa production d'insuline et maintenir la glycémie dans une plage normale. Le résultat doit néanmoins être interprété médicalement, car le HOMA-IR reste une estimation.

Le HOMA-IR est-il obligatoire pour diagnostiquer un SOPK ?
Non. Il ne fait pas partie des critères diagnostiques du SOPK. Les recommandations internationales de 2023 ne recommandent pas les dosages d'insuline en routine pour évaluer l'insulinorésistance chez les femmes atteintes de SOPK.

Peut-on comparer deux HOMA-IR réalisés dans des laboratoires différents ?
Pas toujours directement. Les méthodes de dosage de l'insuline peuvent donner des résultats différents, ce qui influence le calcul du HOMA-IR. Pour suivre une évolution, l'interprétation doit tenir compte de la méthode utilisée.

Sources

Pour aller plus loin

Ces informations ne remplacent pas un avis médical. L'indice HOMA-IR est une estimation de la résistance à l'insuline et ne doit pas être utilisé seul pour poser un diagnostic. L'interprétation d'un bilan biologique relève d'un professionnel de santé.

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