Graisse au foie et poids : le lien méconnu
La stéatose hépatique métabolique (NASH/MASH) touche 8 personnes obèses sur 10 en France. Causes, gravité, prise en charge, sourcé Ameli.

Une maladie du foie touche aujourd'hui près d'une personne sur six en France, souvent sans le moindre symptôme, et reste largement méconnue du grand public malgré son lien étroit avec le poids. Il s'agit de la stéatose hépatique métabolique, plus connue sous son ancien nom NASH.
Qu'est-ce que la NASH (MASH) ?
La stéatose hépatique désigne une accumulation excessive de graisse dans le foie. Lorsqu'elle s'accompagne d'une inflammation et de lésions des cellules hépatiques, on parle de stéatohépatite, autrefois appelée NASH (stéatohépatite non alcoolique), aujourd'hui MASH (stéatohépatite métabolique) selon la nomenclature internationale adoptée depuis 2020. Ce changement de nom reflète une meilleure compréhension de la maladie : elle est directement liée au syndrome métabolique (obésité, diabète, hypertension), et non à la consommation d'alcool.
Les différents stades de la maladie
Une maladie fréquente, surtout en cas d'obésité
Selon une étude de cohorte française (CONSTANCES, 2019) citée par l'Assurance Maladie, 16,7 % de la population étudiée présente une stéatose hépatique métabolique, avec une fréquence qui augmente avec l'âge. Cette maladie concerne 79,7 % des personnes en situation d'obésité et 63 % des personnes diabétiques. Selon la Fondation pour la Recherche Médicale, environ 200 000 personnes en France seraient concernées par la forme la plus sévère, la MASH.
Pourquoi le poids joue un rôle central
Le surplus de graisse corporelle, en particulier au niveau abdominal, favorise directement l'accumulation de graisse dans le foie. C'est pourquoi la stéatose hépatique métabolique fait partie du même ensemble de risques que le diabète de type 2, l'hypertension et les anomalies du cholestérol, réunis sous le terme de syndrome métabolique.
Comment se prend-elle en charge aujourd'hui ?
Selon l'Assurance Maladie, il n'existe actuellement aucun traitement médicamenteux approuvé montrant une efficacité certaine contre la MASLD ou la MASH en France. Les mesures hygiéno-diététiques restent le seul traitement reconnu efficace : perte de poids, réduction de la sédentarité, changements alimentaires et activité physique régulière. L'objectif habituel est une réduction du poids de 5 à 10 % sur 6 mois, suivie d'une phase de stabilisation.
Le lien avec les traitements de l'obésité
La MASH fait partie des comorbidités qui peuvent être prises en compte par le médecin dans l'évaluation de certaines indications et conditions de prise en charge des traitements de l'obésité. Les critères applicables dépendent des recommandations en vigueur et de la situation individuelle.
Questions fréquentes
Comment sait-on si on est atteint de MASH (NASH) ?
La maladie est le plus souvent silencieuse et découverte lors d'un bilan sanguin de routine (enzymes hépatiques) ou d'une échographie. Un dépistage systématique n'est pas recommandé en l'absence de facteurs de risque ; parlez-en à votre médecin si vous présentez un syndrome métabolique (obésité, diabète, hypertension).
La perte de poids suffit-elle à guérir la MASH ?
Selon les données disponibles, une perte de poids de 5 à 10 % améliore significativement l'état du foie. L'évolution reste individuelle et doit être suivie par un professionnel de santé.
La MASH est-elle réversible ?
Aux stades précoces (stéatose simple, MASH sans fibrose avancée), une perte de poids adaptée peut améliorer nettement l'état du foie. À un stade de cirrhose, les lésions ne sont en revanche plus réversibles, d'où l'intérêt d'une prise en charge précoce.
Sources
- Ameli : définition et causes de la stéatose hépatique métabolique (MASLD/MASH)
- Ameli : traitement de la stéatose hépatique et de la stéatohépatite métaboliques
- Fondation pour la Recherche Médicale : la NASH en France
- Manuel MSD, édition professionnelle : MASLD/MASH
Pour aller plus loin
Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Un diagnostic de stéatose hépatique ou de MASH doit être posé et suivi par un professionnel de santé.
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